Les années Obama:  un héritage aigre-doux( Deuxième Partie)

La politique Internationale: les points d’ombre

Intégrité intellectuelle oblige, je commencerai par saluer deux accords de Barack Obama: l’accord diplomatique avec Cuba, aux termes duquel, les États-Unis et Cuba ont repris officiellement des relations; même si le contre-productif(le mot est d’Obama) embargo américain contre le peuple cubain n’est toujours pas complètement levé, il reste que c’est une décision courageuse.  

À l’autre bout du monde,  l’accord sur le  programme nucléaire iranien est à franchement parler un plus, qui illustre ce qu’on appelle en relations internationales, le Smart Power du Président américain.

Ceci dit, s’il est un domaine dans lequel Barack Obama est très décevant,  c’est  à notre humble avis, en matière de politique internationale.  C’est vrai que le ton a changé par rapport à l’ère Bush. La rhétorique—j’insiste, la rhétorique seulement— est moins manichéenne et moins polarisante ou antagonique. Dans les faits, cependant, Obama est un guerrier et un va-t-en-guerre comme les autres avant lui.  En matière de guerre, il est même plus coriace que George Bush.  Dans les faits (Ah, les chiffres! ), Barack a mené plus de guerres que son prédécesseur.  Le New York times, qui lui est pourtant très sympathique, le reconnait en des termes lapidaires:

Les huit années de présidence Obama indiquent que « les États-Unis sont restés au combat en Afghanistan, en Irak et en Syrie jusqu’à la fin de son mandat […]. Il devient de façon assez improbable le seul Président dans l’histoire du pays à accomplir deux mandats entiers à la tête d’un pays en guerre». Franklin D. Roosevelt, Lyndon Johnson, Richard Nixon ou encore Abraham Lincoln ne peuvent pas en dire autant.  En chiffres, voici les guerres d’Obama: la guerre en Afghanistan, les guerres menées par les drones au Pakistan, en Somalie, au Yémen, en Lybie, la lutte contre Daech en Irak et en Syrie, ainsi que d’autres «missions de conseils et d’assistance», au Cameroun contre Boko Haram, et en Ouganda, contre la LRA de Joseph Kony.

Au regard de tout cela, le prix Nobel de la paix qu’on lui a décerné en 2009, est prématuré, immérité, voire usurpé. Le concerné  semble le reconnaitre

lui-même, puisque dans son discours d’acceptation en décembre 2009,  il a dit candidement ceci:

L’humanité devait réconcilier deux vérités en apparence irréconciliables: que la guerre est parfois nécessaire, et qu’elle est aussi, à un certain niveau, l’expression de la folie humaine.

En terminant, trois autres points d’ombre doivent être portés au passif d’Obama:

La prison américaine de Guantanamo (foyer de violations de droits humains), malgré ses promesses, n’est toujours pas fermée. De plus, la cause des Palestiniens dans le sempiternel conflit israélo-palestinien n’a pas progressé dans les faits.  Enfin, le monde n’est pas plus sécurisé, malgré ses nombreux  drones.

Au regard de tout cela, Barack Obama aura-t-il été un grand Président?   À vous de trancher.  Un euphémisme sauvera peut-être la mise: ce n’était pas une présidence ordinaire…

L’équipe BisB

Crédit photo : Facebook de Barack Obama